Festival Gnaoua : la parenthèse enchantée de Yasmine Hamdan
Partager
Le Festival Gnaoua nous réserve parfois de très belles surprises. Depuis le démarrage de cette 27e édition, le bruit court qu'il ne faut surtout pas manquer le concert de la Libanaise Yasmine Hamdan, « l'une des voix les plus singulières du monde arabe », lit-on dans le guide du festival. La curiosité est piquée. On a hâte de découvrir cette pionnière de la scène alternative libanaise, qui échappe à tous les codes de la musique arabe contemporaine. Et on ne sera pas déçu.
Dans l'emblématique Borj Bab Marrakech, où les concerts prennent une résonance toute particulière, la prestation de Yasmine Hamdan est un véritable moment suspendu. Baignée par la lumière du soleil couchant, la scène semble flotter hors du temps, tandis qu'une nuée des inévitables mouettes d'Essaouira virevolte au-dessus des remparts, comme enivrées par la voix envoûtante de la chanteuse.
Révélée à la fin des années 1990 avec le duo Soapkills, formation pionnière de la scène alternative libanaise, Yasmine Hamdan n'a cessé depuis de tracer son propre chemin. Entre Beyrouth et Paris, elle a construit un univers singulier où les traditions vocales arabes se mêlent aux sonorités électroniques, à la pop indépendante et à des influences folk. Une musique subtile, à la fois dépouillée et magnétique, qui fait de la langue arabe un formidable terrain d'expérimentation.
Sa carrière prend une dimension internationale lorsqu'elle apparaît dans "Only Lovers Left Alive" de Jim Jarmusch, rencontré au Festival International du Film de Marrakech, en 2011. Cette reconnaissance lui ouvre les portes des grandes scènes sans jamais l'éloigner de ce qui fait sa singularité : une écriture intimiste, une grande liberté artistique et une manière unique de faire dialoguer héritage musical et création contemporaine. K.G.
Son dernier album, "I Remember I Forget", paru en 2025, poursuit cette exploration. Elle y évoque l'exil, la mémoire et les identités multiples dans des compositions minimalistes où chaque silence compte autant que les mots.
La présence de Yasmine Hamdan au Festival Gnaoua s'imposait presque comme une évidence. Son univers, profondément ancré dans le Levant tout en restant ouvert aux influences du monde, fait écho à l'esprit même du festival : celui des rencontres, des métissages et des dialogues entre les cultures. Son concert en a offert une magnifique illustration. K.G.





