8 mars : les Marocaines face à leurs défis
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Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est l’occasion de dresser un état des lieux de la situation des femmes au Maroc. Malgré des avancées notables ces dernières années, les Marocaines restent confrontées à de nombreux défis, notamment en matière d’accès à l’emploi, de représentation dans les sphères décisionnelles et d’égalité économique.
Un accès à l’emploi encore limité
Selon le Haut-Commissariat au Plan, en 2021, le taux d’activité des femmes au Maroc était de 24,4 %, contre 69,1 % pour les hommes. Un écart important qui témoigne des difficultés persistantes d’accès au marché du travail. À cela s’ajoute une inégalité salariale marquée : les femmes marocaines perçoivent en moyenne un salaire inférieur de 51 % à celui des hommes, selon une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Une présence politique très insuffisante
La représentation politique reste également limitée. Les femmes n’occupent que 21 % des sièges à la Chambre des représentants et 20 % à la Chambre des conseillers. Une sous-représentation qui souligne l’importance de renforcer leur présence dans les instances de décision et de poursuivre les politiques publiques visant à favoriser l’égalité des chances.
L’entrepreneuriat féminin en progression
Dans le domaine économique, l’entrepreneuriat féminin progresse, mais demeure encore insuffisamment représenté. Selon l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises du Maroc (AFEM), les femmes dirigent environ 10 à 12 % des entreprises dans le pays. Si leur présence augmente progressivement, notamment dans les secteurs des services, du commerce ou encore des nouvelles technologies, les entrepreneures continuent de se heurter à plusieurs obstacles : accès au financement, réseaux professionnels encore majoritairement masculins, ou difficultés à concilier responsabilités familiales et développement d’une activité.
Pour l’AFEM, renforcer l’accompagnement, la formation et les dispositifs de financement dédiés constitue un levier essentiel pour encourager davantage de femmes à entreprendre.
La persistance des violences faites aux femmes
Par ailleurs, la question des violences faites aux femmes demeure préoccupante. Une enquête menée par le Haut-Commissariat au Plan en partenariat avec l’UNICEF révèle que 62,8 % des femmes marocaines ont été victimes de violence sous toutes ses formes. Un chiffre alarmant qui rappelle l’ampleur du phénomène et la nécessité de poursuivre les efforts de prévention, de protection et de sensibilisation.
Des avancées réelles mais encore fragiles
Malgré ces inégalités persistantes, des progrès sont à souligner. Le taux d’alphabétisation des femmes est en constante progression, passant de 55 % en 1990 à 74 % en 2021. De plus en plus de femmes s’engagent dans la vie politique, associative et entrepreneuriale, contribuant ainsi à faire évoluer les mentalités et à renforcer leur place dans la société.
La réforme attendue de la Moudawana
Enfin, la question du statut des femmes reste au cœur des attentes, notamment autour de la réforme du Code de la famille (Moudawana). Vingt ans après son adoption, ce texte fondateur est aujourd’hui considéré par de nombreux acteurs comme insuffisant face aux mutations de la société marocaine. Annoncée et largement débattue, sa réforme tarde pourtant à se concrétiser. Pour beaucoup, cette révision est devenue un test majeur de la capacité du pays à faire progresser concrètement l’égalité entre les femmes et les hommes.
Vers une égalité réelle
En cette Journée internationale des droits des femmes, le défi reste de transformer ces avancées en égalité réelle. Promouvoir l’autonomisation économique, garantir la protection des droits et renforcer la participation des femmes à la vie publique demeurent des priorités pour construire un Maroc plus inclusif et égalitaire.





