À Marrakech, une exposition qui interroge le visage autrement
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À Marrakech, l’espace La Taverne accueille du 22 janvier au 1er février la première séquence de l’exposition collective What faces do not say, portée par OFF Record. Une seconde partie prendra le relais à partir du 2 février avec un focus dédié au photographe Nyaba Léon Ouedraogo. Pensée comme une traversée sensible de la figure humaine, l’exposition interroge ce que les visages taisent, dissimulent ou suggèrent, au-delà de leur omniprésence dans les flux visuels contemporains.
Des visages au-delà de l’apparence
Dans un monde saturé d’images, le visage est souvent réduit à une identité, une émotion immédiate ou un signe social. What faces do not say choisit de déplacer ce regard. Les artistes invités explorent la présence humaine comme un espace instable, traversé par la mémoire, le silence et l’invisible. Le visage n’y est plus seulement surface, mais devient fragment, trace, matière à interprétation.
La première partie de l’exposition réunit huit peintres, parmi lesquels Ibrahim Meïté Sikely et Mohamed Saïd Chair. Leurs œuvres convoquent des figures parfois altérées, effacées ou recomposées, qui semblent résister à toute lecture définitive. Les traits se brouillent, les regards se dérobent, les corps se fondent dans des textures et des couleurs qui évoquent autant l’intime que le collectif.
Une scénographie en deux temps
La structure même de l’exposition renforce cette démarche. Après la phase picturale, centrée sur la pluralité des écritures plastiques, la seconde partie mettra en lumière le travail photographique de Nyaba Léon Ouedraogo. Son approche, attentive aux détails, aux silences et aux marges, prolonge la réflexion sur ce qui échappe à la représentation frontale. Le passage de la peinture à la photographie n’est pas un simple changement de médium : il ouvre un nouveau champ de perception, où le réel devient lui aussi matière à fiction et à mémoire.
Une curatelle ancrée dans le lieu et la scène africaine
Curatée par Yasmin Sarnefors, l’exposition s’inscrit dans une logique d’expérimentation et de dialogue. La Taverne n’est pas ici un simple écrin, mais un partenaire de sens, un lieu chargé d’histoires qui nourrit la lecture des œuvres. Le projet se veut également attentif aux dynamiques de la scène artistique contemporaine africaine et marocaine, en créant des passerelles entre pratiques, générations et géographies.
Quand le non-dit devient langage
Plus qu’un rassemblement d’œuvres, What faces do not say se présente comme une invitation à ralentir le regard. À observer ce qui se joue dans les creux, les absences, les gestes à peine esquissés. Dans ces visages qui ne livrent pas leurs secrets, l’exposition propose une autre forme de narration, où l’émotion ne se donne pas immédiatement, mais se construit dans la durée, entre le spectateur, l’espace et l’œuvre.
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