Ramadan 2026 au Royal Mansour Marrakech, odyssée des terroirs marocains
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À Marrakech, le Ramadan 2026 s’impose comme un temps fort de la scène gastronomique nationale. Au Royal Mansour, icône de l’hôtellerie marocaine, le ftour dépasse le simple rituel de rupture du jeûne pour devenir un manifeste culinaire. Dans l’écrin feutré de La Grande Table Marocaine, chaque semaine du mois sacré propose une immersion dans une région du Royaume, transformant l’expérience en véritable itinérance gustative.
Un voyage régional pensé comme une narration culinaire
Le parti pris est clair, presque pédagogique. Quatre semaines, quatre territoires, quatre identités gastronomiques. Marrakech ouvre le bal avec un ftour marrakchi ancré dans la générosité des tables de la Ville Ocre. La tangia de bœuf, lentement confite, dialogue avec les grillades et la seffa medfouna dans une partition chaleureuse, où l’on célèbre l’héritage populaire sublimé par une exécution d’orfèvre.
Le relais est ensuite pris par Fès, capitale historique du raffinement culinaire. Le menu fassi met à l’honneur la pastilla au poulet, la chorba fassia et ces subtils équilibres sucré-salé qui ont fait la réputation de la ville. Ici, la tradition n’est pas figée, elle est interprétée avec précision, dans le respect des recettes transmises et des produits nobles.
Casablanca, métropole effervescente tournée vers l’Atlantique, inspire le ftour bidaoui. Soupe de poissons aux légumes, rfissa de poulet, friture et poulet m’hamer aux frites composent un tableau urbain, généreux, contemporain. Enfin, le Nord, avec ses influences andalouses, s’invite à table à travers un ftour chamali où tajine de boulettes de poisson, chorba aux crevettes et préparations marines rappellent la richesse des villes côtières.
Au-delà des menus signatures, les incontournables du Ramadan rythment chaque soirée. Dattes Medjoul, sellou, chebbakia, msemmen, harcha, baghrir nappé de miel et de beurre, raïb et thé à la menthe s’inscrivent comme un fil rouge patrimonial. Le parcours est structuré, presque scénarisé, alternant entrées à partager, soupes emblématiques comme la harira, plats chauds au choix et un instant sucré particulièrement travaillé.

La Grande Table Marocaine, vitrine d’excellence
Ce concept trouve son écrin naturel à La Grande Table Marocaine, déjà saluée par le prix Art of Hospitality des 50 Best Restaurants MENA et récemment distinguée par l’Art of Hospitality Award 2026. La reconnaissance internationale confirme le positionnement stratégique du Royal Mansour, qui fait de la gastronomie un levier d’influence culturelle.
Sous l’impulsion du chef Karim Ben Baba, en dialogue avec la vision de la cheffe multi-étoilée Hélène Darroze, la table revendique une approche à la fois patrimoniale et contemporaine. Les recettes régionales sont respectées dans leur essence, mais portées par une technique maîtrisée et une sélection de produits d’exception. Le service, chorégraphié avec élégance, participe à cette expérience immersive où hospitalité et excellence se répondent.
Dans un contexte où Marrakech renforce sa stature de capitale gastronomique du monde arabe, portée par les classements régionaux et l’attention croissante des guides internationaux, cette programmation ramadanesque agit comme un signal fort. Elle affirme que la haute gastronomie marocaine peut dialoguer avec les standards mondiaux tout en restant fidèle à ses racines.

Ramadan et hôtellerie de luxe, une tendance stratégique
Ces dernières années, le Ramadan s’est imposé comme un moment clé pour l’hôtellerie haut de gamme au Maroc. À Marrakech, des établissements comme La Mamounia développent eux aussi des ftours signatures et des soirées musicales dédiées. La concurrence est réelle, mais le Royal Mansour choisit la différenciation par la narration régionale.
La stratégie est double. Fidéliser une clientèle locale exigeante, en quête d’expériences exclusives, et séduire une clientèle internationale désireuse de vivre un Ramadan authentique dans un cadre d’exception. Le ftour devient alors un produit culturel à part entière, à la croisée de la spiritualité, de l’art de vivre et du luxe expérientiel.
Chaque soir, les convives rompent le jeûne au son de musiques traditionnelles, prolongeant l’instant dans une atmosphère feutrée. Cette dimension sensorielle répond à une attente forte du public contemporain, en quête d’expériences globales plutôt que de simples prestations culinaires. Dans un marché du luxe en pleine mutation, où l’émotion et l’authenticité priment, l’initiative s’inscrit avec cohérence.

Un manifeste pour la diversité marocaine
Au-delà de l’offre gastronomique, l’enjeu est symbolique. En mettant à l’honneur Marrakech, Fès, Casablanca et le Nord, le Royal Mansour célèbre la pluralité des identités culinaires du Maroc. Chaque région raconte une histoire, porte une mémoire, exprime un rapport singulier aux produits et aux saisons.
Dans un contexte international où la cuisine devient un vecteur de soft power et d’attractivité touristique, cette odyssée des terroirs agit comme une déclaration d’intention. Marrakech, déjà plébiscitée pour son patrimoine et son dynamisme culturel, consolide ainsi son image de destination gastronomique majeure. Le Ramadan 2026 au Royal Mansour ne se contente pas de nourrir, il affirme une vision ambitieuse et confiante de la scène culinaire marocaine.

