Fiction marocaine : Une intrigue sociale intense au cœur de «3ech Tma3»
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Dans la programmation télévisuelle du Ramadan 2026, certaines productions se démarquent par leur ambition narrative et leur audace thématique. C’est le cas de «3ech Tma3», une série marocaine réalisée par Ayoub Lahnoud et portée par un scénario collectif signé Basma El Hijri, Imane Azmi et Jawad Lahlou. Produite par Ali N’ Prod, l’œuvre s’attaque à une problématique rarement explorée à l’écran : les réseaux clandestins liés au trafic de nouveau-nés, un sujet sensible traité ici sous l’angle d’un drame à forte dimension sociale.
Présenté à la presse avant sa diffusion, le premier épisode installe immédiatement une atmosphère dense, privilégiant une narration progressive plutôt qu’un enchaînement spectaculaire d’événements. L’intrigue met en scène un système criminel structuré dont les ramifications révèlent les tensions et les fragilités d’un environnement social complexe. Cette orientation donne au récit une tonalité réaliste, ancrée dans des situations crédibles inspirées de faits rapportés dans l’espace médiatique.
L’histoire suit Hanane, une femme dont l’enfant a disparu à la naissance. Animée par une détermination sans faille, elle adopte une identité fictive afin d’intégrer l’organisation qu’elle soupçonne d’être responsable. Sous les traits d’une sage-femme infiltrée, elle s’introduit progressivement dans le cercle du réseau, cherchant à en comprendre les mécanismes pour le démanteler de l’intérieur. Ce dispositif narratif permet d’articuler suspense, émotion et investigation, tout en plaçant la quête maternelle au centre de la dramaturgie.
L’originalité de la série tient également à la configuration de l’organisation criminelle, composée majoritairement de femmes. Dirigée par une cheffe autoritaire entourée de collaboratrices discrètes mais influentes, cette structure renverse les représentations habituelles du pouvoir criminel. La tension dramatique ne repose pas uniquement sur l’action, mais aussi sur les rapports de domination, les stratégies silencieuses et les alliances implicites qui façonnent les relations entre les personnages.
Le travail d’écriture privilégie la nuance et la complexité psychologique. Les protagonistes ne se réduisent jamais à des archétypes : chacun évolue dans un espace moral incertain, oscillant entre vulnérabilité, ambition et contradictions intérieures. Cette approche donne à la série une profondeur émotionnelle qui dépasse les codes traditionnels du genre.
La distribution réunit plusieurs figures reconnues du paysage audiovisuel marocain, dont Meryem Zaïmi, Saadia Ladib, Amine Ennaji, Mounia Lamkimel, Faty El Jaouhari, Bouthayna Elyaâqubi, Saâd Mouaffak, Saâdia Azgoun et Ayoub Abounnasr. Leur interprétation contribue à ancrer le récit dans une dimension crédible et immersive, renforçant l’impact dramatique de l’ensemble.
Programmée chaque soir à 19 h 30 sur «Al Aoula» durant le mois sacré, la série se positionne déjà comme l’une des productions les plus attendues de la saison. Par son traitement frontal d’un sujet tabou et par son écriture centrée sur les réalités sociales, «3ech Tma3» illustre l’évolution récente de la fiction marocaine, de plus en plus portée vers des récits exigeants mêlant tension narrative et regard critique sur la société.




