Shifting Lights : Meriem Nour illumine les identités arabes à Marrakech
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Dans le cadre de la 1-54, prestigieuse Foire d’art contemporain africain, qui investira Marrakech du 7 au 16 février 2026, une voix artistique se distingue avec éclat. Meriem Nour, artiste marocaine d’avant-garde, y dévoile Shifting Lights. Cette exposition multimédia, présentée à l’Atelier Hanout, explore en profondeur le corps féminin arabe à travers des œuvres mêlant vidéo, photographie et installations textiles. Loin de se limiter à une approche esthétique, elle interroge les mutations identitaires dans un Maghreb en pleine transformation.
Une réflexion sur les identités féminines contemporaines
Shifting Lights n’est pas qu’une simple exposition : c’est une immersion dans la complexité du tissu social arabe. Meriem Nour s’attaque à des questions brûlantes, telles que la place du corps féminin dans des sociétés où le voile et le vêtement deviennent les symboles de luttes identitaires. Sous des lumières changeantes – ces shifting lights – l’artiste déconstruit les formes familières du corps pour révéler les tensions sociétales. En 2026, alors que les réformes progressistes au Maroc continuent de remodeler les discours sur les droits des femmes, cette œuvre se veut un manifeste d’espoir et de résilience.
L’artiste marocaine, formée entre Casablanca et Paris, s’inscrit dans une tendance globale où l’art fusionne avec la technologie. Ses projections vidéo montrent des silhouettes féminines se dissolvant sous des jeux de lumière, symbolisant la fluidité des rôles genrés. Les photographies en noir et blanc capturent des gestes intimes, comme une main ajustant un hijab ou un regard perdu dans un caftan brodé. Ces œuvres, à la fois poétiques et percutantes, témoignent d’une volonté de réconcilier mode, militantisme et art contemporain dans un dialogue universel.

Entre mode et militantisme
Au cœur de l’exposition, une question domine : comment le vêtement façonne-t-il nos identités ? Meriem Nour explore la manière dont la mode devient un outil de revendication, notamment dans un contexte arabe où les réseaux sociaux (comme Instagram et TikTok) transforment le voile en déclaration de style. Des installations interactives permettent aux visiteurs de manipuler des voiles phosphorescents, révélant sous des LED des motifs cachés, incarnant l’empowerment féminin. Cette approche participative, devenue une tendance majeure dans les foires d’art contemporaines, confère une urgence presque tangible à l’exposition : toucher pour mieux comprendre.
L’artiste évite cependant de tomber dans un discours moralisateur. Son œuvre célèbre les victoires féministes récentes, telles que la campagne #MyBodyMyChoice, qui a mobilisé des milliers de voix au Maroc en 2025. Shifting Lights transcende ainsi son statut d’exposition pour devenir un espace de réflexion collective, où le corps féminin, fragmenté mais invincible, s’impose comme un symbole de lutte et de renouveau.

Marrakech, épicentre de l’art africain contemporain
Avec la dixième édition de la Foire 1-54, Marrakech s’impose définitivement comme un hub incontournable de l’art africain. Cette année, un focus particulier est mis sur les voix féminines, en écho à des tendances globales comme l’essor des galeries digitales et des NFT immersifs. Meriem Nour s’insère dans ce paysage avec une œuvre qui dialogue avec des figures majeures telles que Wangechi Mutu ou Shirin Neshat, tout en restant profondément ancrée dans le contexte maghrébin.
L’Atelier Hanout, espace hybride dédié à l’innovation artistique, devient le théâtre d’une scénographie immersive. Les visiteurs déambulent entre des textiles tissés de soieries recyclées et des jeux de lumières mouvantes, dans une atmosphère où l’ombre et la clarté se mêlent pour questionner les normes patriarcales. Cette fusion entre mode et engagement reflète les aspirations d’une jeunesse maghrébine avide d’œuvres qui allient esthétique et critique sociale.

Une vision lumineuse pour l’avenir
Avec Shifting Lights, Meriem Nour réaffirme la place centrale de l’art africain contemporain dans les discours globaux. En fragmentant le corps féminin sous des lumières changeantes, l’artiste invite chacun à interroger son propre rapport à l’identité et au vêtement. Son exposition, ancrée dans les défis du présent, résonne comme un appel à la transformation, porté par les aspirations féministes et les innovations technologiques.
Du 7 au 16 février 2026, Shifting Lights promet d’attirer critiques et collectionneurs, faisant de Marrakech un carrefour des révolutions artistiques. Dans un monde post-pandémie où les récits féminins gagnent en visibilité, Meriem Nour illumine les silences sociétaux avec une élégance troublante, confirmant son rôle de figure clé de l’art contemporain maghrébin.





