Salma El Belghiti, l’étoile montante du cinéma en quête de consécration au MSFF
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Dans l’effervescence culturelle marocaine, Salma El Belghiti émerge comme une voix singulière, capable de transformer des récits personnels en œuvres universelles. Avec son court-métrage Darhome, présenté au Marrakech Short Film Festival (MSFF) 2025, la jeune réalisatrice explore les fractures sociales de Tanger, ville emblématique des espoirs et désillusions d’une jeunesse marginalisée. Ce film, à la fois intime et engagé, s’inscrit dans une actualité brûlante marquée par les débats sur la migration et l’intégration.
Une quête d’expression née de l’introspection
Salma El Belghiti incarne une nouvelle génération de cinéastes marocains, ceux qui utilisent leur caméra comme un miroir de leurs expériences personnelles et de leurs préoccupations sociales. Discrète et réfléchie, elle déclare que le cinéma est devenu pour elle une nécessité autant qu’un exutoire. « Chaque projet que je mène est une forme de catharsis, un moyen de poser des questions auxquelles je n’ai pas de réponses », confie-t-elle.
Après trois courts-métrages aux esthétiques contrastées, El Belghiti affirme une démarche artistique fondée sur l’authenticité. Ce fil rouge prend toute sa force dans Darhome, un projet né de son engagement auprès de l’association tangéroise Darna. Cette structure soutient les jeunes en situation de précarité, un sujet qui résonne profondément avec les enjeux sociaux actuels du Maroc.
Darhome : Tanger entre effervescence et désillusion
Dans Darhome, Tanger se dévoile comme un personnage à part entière, oscillant entre son image de ville moderne et ses réalités sociales complexes. Au-delà de ses façades rénovées et de sa position stratégique en tant que porte de l’Afrique, la ville reflète les inégalités criantes auxquelles sont confrontés ses habitants les plus démunis.
Les personnages du film, inspirés des jeunes rencontrés par El Belghiti lors de son immersion avec Darna, incarnent cette tension entre exclusion et espoir. Certains rêvent d’un avenir ailleurs, souvent à travers la migration clandestine, tandis que d’autres tentent de se reconstruire dans un environnement qui semble les laisser derrière. Ces récits, ancrés dans le quotidien, portent une résonance universelle à une époque où la Méditerranée reste tristement le théâtre de drames migratoires.
Avec une mise en scène sobre mais percutante, la réalisatrice évite les clichés de la victimisation et offre à ses protagonistes une représentation empreinte de dignité. Ce choix esthétique traduit une volonté de provoquer l’empathie sans tomber dans le mélodrame.

Le Marrakech Short Film Festival : une rampe de lancement pour les talents africains
Du 26 septembre au 1er octobre 2025, le Marrakech Short Film Festival réunit une fois de plus les étoiles montantes du cinéma africain. Pour Salma El Belghiti, ce festival représente bien plus qu’une simple compétition. « Le MSFF est un espace de partage et de reconnaissance. C’est ici que des projets prennent vie et que des collaborations naissent », explique-t-elle.
En compétition pour le prestigieux Prix Belarj, Darhome se mesure à d’autres œuvres marocaines prometteuses, comme Milk Brother de Kenza Tazi ou Lady of the Graves de Mohamed Allali. Mais au-delà des trophées, l’enjeu est de taille : le festival constitue une passerelle unique vers des opportunités de financement et de diffusion pour de jeunes réalisateurs souvent confrontés à des défis structurels.
Une responsabilité artistique et sociale
Pour El Belghiti, filmer la marginalisation n’est pas seulement un choix artistique, mais un devoir moral. « Je ressens une responsabilité envers ces jeunes dont j’ai croisé le chemin. Leur histoire mérite d’être racontée, non pas pour susciter de la pitié, mais pour provoquer une réflexion collective », affirme-t-elle.
Ses projets interrogent des thèmes universels comme l’exil intérieur, l’appartenance et la quête de reconnaissance. Dans un contexte où le Maroc cherche à valoriser sa jeunesse comme moteur de développement, les œuvres de Salma rappellent que certaines voix restent encore étouffées.
Un appel à l’audace pour les futurs cinéastes
Malgré son succès naissant, Salma El Belghiti demeure humble et ouverte. Quand on l’interroge sur ses conseils aux jeunes réalisateurs, elle insiste sur l’importance de l’expérimentation et de l’audace. « Il ne faut pas avoir peur de l’échec. Chaque erreur est une leçon précieuse », dit-elle. Elle souligne également la valeur du travail collectif, rappelant que le cinéma est avant tout une aventure humaine.
Vers une vision inclusive du cinéma marocain
Avec Darhome, Salma El Belghiti contribue à façonner un cinéma marocain en phase avec les réalités sociales du pays. Loin des productions formatées, son approche privilégie la sincérité et l’engagement. À travers ses récits, elle aspire à sensibiliser le public et à nourrir une réflexion sur les fractures sociales.
Alors que le Marrakech Short Film Festival lui offre une plateforme précieuse, l’ambition de Salma s’étend bien au-delà de la reconnaissance locale. Pour elle, le cinéma est un outil de transformation, capable de guérir les blessures invisibles et de renforcer les liens sociaux. Une vision qui, à n’en pas douter, continuera de marquer durablement le paysage culturel marocain.





