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Sassies

Le plaisir féminin dérange

Sassies

Depuis les premiers pas de la civilisation arabe et jusqu’à aujourd’hui, la sexualité des femmes est toute entière tournée vers un objectif central, la maternité. Le contrôle des corps des femmes est aussi ancien que la domination masculine et a toujours eu pour but de maîtriser la sexualité féminine afin d’assurer la fonction reproductive au profit du groupe des mâles. De nos jours, un grand nombre de normes sociales, culturelles et religieuses légifèrent le corps des femmes et enferment ce dernier dans un cadre d’obligations et d’interdits. Et alors que la révolution sexuelle est en marche, être une femme et aimer le sexe au Maroc (même dans le cadre sacré du mariage) est encore et toujours mal vu.

Séparation de l’amante et la mère

Dans les sociétés arabes, la mère est sacralisée, le paradis se trouve sous ses pieds c’est bien connu. Nous valorisons la fonction maternelle et diabolisons la féminité. Le désir féminin autonome, c’est-à-dire ayant pour unique but le plaisir et non la reproduction, doit être étouffé car la sexualité d’une femme est littéralement une affaire familiale et une affaire d’Etat, on se rappelle très bien l’affaire de Hajar Raïssouni.

Dès lors, les femmes sont réduites à leurs fonctions de productrice de fils et de filles, elles-mêmes futures mères et deviennent un objet de transactions entre mâles (Lévi-Strauss et l’échange des femmes), transaction dans laquelle elles n’ont pas à intervenir. La disposition, existant encore dans la législation de nombreux pays, selon laquelle le violeur qui épouse la fille violée échappe à toute sanction est une modalité de cette transaction entre hommes (le Maroc l’a abolie en 2014 à la suite du suicide d’une jeune femme mariée de force et la Tunisie en a fait autant en juillet 2017 dans le cadre de la promulgation d’une loi sanctionnant toutes les formes de violences contre les femmes).

Dans l’Antiquité, le statut des femmes n’était pas éloigné de celui des esclaves, les philosophes grecs ont théorisé l’infériorité des femmes et le droit romain a légalisé leur subordination. La femme passive n’est qu’un réceptacle de la semence active masculine. Rajoutons à cela les mutilations génitales et l’excision, qui existent encore de nos jours, qui consistent à racler le clitoris et donc à arracher aux femmes leur organe de plaisir et de jouissance tout en faisant en sorte qu’elles puissent continuer à produire des bébés, il facile de comprendre que le plaisir féminin dérange.

Si on rajoute à cela le caractère nataliste des religions qui interdisent la contraception, la masturbation ou l’homosexualité et condamnent toute pratique sexuelle n’ayant pas pour objectif la procréation (comme la sodomie par exemple), on finit logiquement par assigner à la sexualité féminine le seul rôle reproducteur. De plus, les lois qui autorisent la polygamie et condamnent la sexualité hors mariages contribuent à résumer la femme à sa fonction biologique et tout est mis en œuvre pour la maximiser.

La libre disposition des femmes de leurs corps

Dénier le droit au plaisir des femmes n’est plus en accord avec la réalité sociale. Quand on sait que l’âge du mariage recule et que le taux de natalité baisse, cela ouvre le débat sur le rapport des femmes à leur sexualité ainsi que le rapport des hommes à la sexualité des femmes.

Quand je lis Les Contes des Mille et Une Nuits, quand je comprends sa portée érotique et quand je sais que l’islam est loin d’être une religion qui condamne le plaisir, bien au contraire, je me dis qu’il n’est pas impossible de créer un modèle positif de sexualité adapté à notre époque. La littérature arabe est riche en poésie, en prose, en chansons hautement érotiques qui encouragent le plaisir féminin et font de la jouissance féminine, le but de chaque relation entre deux amants. Il est grand temps de nous reconnecter à nos valeurs ancestrales positives et de jouir, hommes et femmes, de nos corps dans tous les sens du terme !

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