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Hind Benjbara

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Peux-tu nous raconter ton histoire ?

Je suis née en 1992 à Fès. J’ai ensuite déménagé avec mes parents à Outat El Haj, un petit village dans les régions de Boulemane. J’étais une enfant très curieuse, dynamique, très autonome, très libre. J’avais la chance d’avoir des parents qui me laissaient souvent trainer dehors, pour rencontrer mes camarades et mes amis. J’aimais beaucoup la nature et je révisais mes leçons dans les champs ou sur les arbres. Une journée classique pour moi, commençait à l’aube, je me réveillais très tôt, j’étais tout le temps perché à réviser dans un arbre, puis je rejoignais mes amis à l’école. J’étais très populaire, que ce soit à l’école ou en ville, grâce à mes bonnes notes. J’étais très brillante pendant toute mes années d’études grâce au suivi et aux encouragements de mes parents. J’étais aussi populaire à cause de ma différence, j’avais un accent un peu différent, un peu « Fassi » que je tiens de mon père. Il était professeur, fréquentait tout le monde au village et il était très apprécié pour sa méthode pédagogique assez souple et aimable, surtout par les élèves. Moi, j’étais la fille populaire du professeur Benjbara et donc, tout le monde me connaissait. On passait les vacances à Fès avec la grande famille. J’aimais collecter les amandes, les pêches, les olives… J’ai eu beaucoup d’accidents en jouant et en courant dont je garde encore les cicatrices. J’en ai toujours une sur le visage qui me distingue, je ne sais pas si je pourrais un jour m’en débarrasser. J’ai donc eu une enfance drôle et mouvementée. J’ai définitivement quitté Outat El Haj en 2009, pour mon baccalauréat que j’ai étudié à Fès au lycée Moulay Idriss. J’ai ensuite directement intégré l’ISADAC où j’ai obtenu mon diplôme en 2014 avec une mention très bien. Et c’est là que tout a commencé…

Qu’est ce qui t’inspire ?

Honnêtement, les gens, l’humain en général. Je trouve que tout le monde est différent et que tout le monde a sa propre histoire, son propre caractère. Lorsque je rencontre les gens et qu’ils me racontent leurs histoires et se livrent moi, je m’en réjouis et je trouve de la matière sur laquelle je pourrais travailler d’ailleurs. Je m’inspire également des grands acteurs et actrices, des personnages de littérature, etc. Mais je préfère me référer davantage à la réalité. Je trouve que la vie est infiniment nuancée et pour moi, c’est une source intarissable d’inspiration. J’essaye donc d’aller à la conquête des gens et à la rencontre de l’humain. D’ailleurs, j’aime beaucoup voyager, faire des trips dans la nature.  J’ai d’ailleurs déjà fait un trip de 1000 KM à pieds il y a quelques années. Ça m’a pris à peu près 3 mois et quelques, c’était une expérience extraordinaire. Et j’aimerais un jour refaire cette aventure si j’en ai le temps. C’est un souvenir que garderai éternellement.

Quels sont les films et/ou les acteurs qui t’ont marqué dans ta vie ?

Je vais parler d’une expérience assez intime, particulière et personnelle. A l’âge de 6 ou 7 ans, mon père m’a amené au cinéma pour la toute première fois, c’était pour regarder un film indien qui s’appelait « PARDES », et qui venait de sortir à l’époque, dans lequel il y a le fameux acteur indien qu’on aime tous, « Shahruk khan » qui y jouait le premier rôle. J’avais beaucoup apprécié le film, car il m’a touché. C’était très émouvant, c’était une histoire d’amour qui m’a donné les larmes aux yeux, surtout que le film comportait de très belles chansons. En sortant du cinéma, mon père m’a acheté une cassette audio avec toutes les chansons du film, je mettais la cassette en boucle et je les ai apprises par cœur. C’est un très beau souvenir que je garderai toujours. Ce souvenir m’a aussi beaucoup marqué et m’a indirectement  initié à ce métier d’actrice.

D’où t’est venue cette passion pour l’acting et qu’est ce qui t’a poussé à poursuivre cette carrière ?

Si j’ai choisi de faire carrière dans l’acting, c’est justement parce que j’étais toujours passionnée par le cinéma, pas directement par le métier de comédien. En fait, quand j’étais encore petite, j’adorais imiter les personnages, mes amis, des membres de la famille, ou encore des animaux. C’est pour moi, une forme d’hommage. Tout le monde, ne méritait pas que je l’imite. D’autre part, j’adorais regarder des films et des séries en particulier avec ma mère. Quand j’ai eu mon bac, j’étais surprise, lorsque j’ai découvert qu’il existe une formation en acting, en interprétation. Je ne m’y attendais pas du tout et je l’ai découvert dans le petit passeport d’étudiant où l’on liste les écoles auxquelles on peut avoir accès. Donc voilà, je l’ai découvert très tard, c’était pour moi une révélation, c’est là où j’ai su que je voulais faire de l’interprétation mon métier. J’ai immédiatement postulé, j’ai été acceptée après avoir passé le concours qui dure très longtemps (trois étapes différentes étalées sur 15 jours). C’est ainsi que j’ai intégré le métier.

Quelles sont les difficultés que tu vis dans ton domaine ?

Les difficultés, il y en a une infinité, mais en évoluant dans la carrière, nos difficultés évoluent aussi. Il y a quelques années, c’était beaucoup plus compliqué pour moi d’obtenir des rôles, je passais beaucoup plus de casting qu’à présent, et puis le casting à lui seul est un exercice à part entier.  Pour en arriver là, il faut développer ses contacts, les entretenir, pour au moins être au courant des projets qui sont en cours, ou être au courant de déroulement d’un casting quelque part. Une fois au casting, il faut le réussir. Sans parler de cette recherche constante de la stabilité financière que le travail artistique risque de ne pas pouvoir couvrir complètement. On sait très rarement quand est-ce qu’on va décrocher un nouveau rôle, donc on se pose toujours la question, on se met tout le temps en doute. Maintenant, que j’ai un peu plus de notoriété chez le public, ainsi que chez les professionnels, je ne me fais plus de souci. Ce qui est plutôt compliqué à présent, c’est de savoir bien choisir ses rôles, de ne pas décevoir ni le public, ni les gens avec qui je travaille. Je dirais, je suis constamment à la recherche de la qualité, des rôles qui correspondent mieux à ce que je veux pour ma carrière. Même si maintenant, j’ai plus d’opportunités, choisir reste difficile car c’est une forme de pari que de deviner lequel aura plus de succès auprès du public, lequel va apporter une meilleure valeur ajoutée à ma carrière. Surtout lorsqu’on se base uniquement sur le scénario ou sur le casting. Comme vous le savez, la création audiovisuelle, c’est un travail de groupe, comme le théâtre. Elle dépend d’une bonne entente et d’un bon fonctionnement général. Ces difficultés sont un peu communes, pour tous les acteurs au Maroc, je ne suis donc pas la seule à en souffrir.

Quel est ton processus créatif pour entrer dans la peau de ton personnage ?

C’est un processus assez compliqué et dur à expliquer. Honnêtement, c’est très intime, je crains de ne pas pouvoir vous dévoiler les détails, mais d’une manière générale, chaque acteur ou créateur, doit trouver la façon la plus intelligente et la plus efficace pour mettre en marche ses capacités pour réaliser ses œuvres. Dans mon cas, après que je lise le scénario, ça s’éclaircit et en se référent aux instructions du réalisateur, ça s’éclaircit encore plus. Mais ça peut se modifier ou prendre de nouvelles dimensions, de nouvelles caractéristiques au fil du temps. C’est le grand hasard auquel je crois beaucoup.

Quel rôle rêverais-tu de jouer ?

J’ai envie de jouer un Biopic, un personnage féminin de l’Histoire marocaine ou mondiale. J’ai envie de retracer sa vie, de me connecter à son âme, parce que ça serait un plaisir intense de pouvoir faire revivre quelqu’un d’autre. J’ai envie de jouer un personnage de l’Histoire au point que le public nous confonde. J’en ai vraiment envie et c’est mon petit rêve.

Tu as joué dans plusieurs œuvres à succès dont la série à succès « Yaqout wa Anbar » du mois de Ramadan dernier, comment as-tu vécu cette expérience ?

L’expérience de Yacout et Anbar, c’était intense, nous étions tous très impliqués, nous nous supportions les uns les autres, on s’entraidait à se mettre dans la peau des personnages, nous étions convaincus qu’il nous fallait réussir ensemble. Nous étions de bons amis autant que bons collègues. D’ailleurs nous nous voyions régulièrement, même en dehors du tournage. Nous nous appelions souvent et on essayait de s’appeler avec les noms des personnages, ce qui nous permettait de rester attacher à eux et d’en discuter le plus souvent. Grâce à ça, nous avons développé une vision nuancée des liens entre les personnages et de leurs caractères. Personnellement, mon personnage était souffrant, instable, ça m’a plongé à un moment dans la tristesse, ce n’est qu’au moment de la diffusion de la série à télévision, que j’ai pu me détacher définitivement de cet état d’âme. C’est quand j’ai vu le résultat à la télévision avec la famille, que j’ai pu sentir que ma mission a été accomplie. J’en étais très fière et j’ai pu retourner à moi-même, me détacher de ce personnage de Nabila qui était très triste.

Un mot pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’acting ?

Je souhaite aux jeunes qui veulent faire de l’acting beaucoup de succès, c’est un métier très agréable à exercer, mais ce je vais leur conseiller, c’est : équipez-vous de beaucoup de patience, beaucoup de courage, beaucoup de rigueur, parce que c’est un métier très difficile, un métier où l’on prend beaucoup de plaisir. Mais malheureusement, c’est un métier où il y a beaucoup d’échecs. L’échec est toujours présent. Mais comme on dit, le jeu en vaut la chandelle.

Des projets à venir ?

Pour mes nouveaux projets, je viens à peine de finir le tournage d’un téléfilm intitulé « Ami Naoufal », réalisé par Hicham El Asri, un grand cinéaste que j’apprécie beaucoup. L’œuvre a été créé par mon ami Yahya El Fandi, cet acteur que je trouve extrêmement talentueux et que je salue, qui joue à mes côtés le premier rôle dans le téléfilm. Il s’agit d’un couple qui ne parvient pas à avoir d’enfants et qui choisit d’adopter, pas un enfant, mais un vieil homme qui s’appelle Ami Naoufal, d’où le titre du téléfilm. C’est un vieil homme qui est abandonné par son petit fils dans une maison de retraite. Le film en général est une comédie familiale assez drôle, j’espère qu’elle amusera le grand public autant que ça nous a fait plaisir de le faire. J’ai également d’autres projets à venir autant comiques que dramatiques pour la prochaine saison que je dévoilerai bientôt (Inshaalah).

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