Bouskoura : une rencontre clé pour renforcer la protection des femmes victimes de violence
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La violence à l’égard des femmes demeure une problématique cruciale au Maroc, nécessitant des réponses concertées et des efforts institutionnels soutenus. Dans ce contexte, Madame Naïma Ibn Yahia, Ministre de la Solidarité, de l’Inclusion Sociale et de la Famille, a présidé une rencontre stratégique à Bouskoura, dans la région de Casablanca-Settat, mardi dernier. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la 23e Campagne nationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une initiative qui mobilise depuis plusieurs années divers acteurs publics, privés et associatifs.
Sous le thème « Le dispositif de prise en charge des femmes victimes de violence : réalités et perspectives », cette rencontre a réuni des figures majeures du paysage institutionnel marocain et des organisations internationales. En partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), ce rassemblement marque une étape importante dans la mise en œuvre de solutions régionales et nationales pour protéger les femmes et les filles.
Une mobilisation régionale et internationale
L’événement a rassemblé plusieurs personnalités clés, dont Monsieur Abdellatif Maâzouz, Président de la région de Casablanca-Settat, Madame Amina Afroukhi, Présidente du pôle du Parquet général spécialisé et experte en protection de la famille, ainsi que le Procureur général du Roi près la Cour d’Appel de Casablanca. À leurs côtés, Madame Marielle Sander, Représentante résidente de l’UNFPA au Maroc, a apporté une perspective internationale en soulignant les engagements du Royaume alignés sur les standards mondiaux en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.
Dans son discours d’ouverture, Madame Ibn Yahia a insisté sur l’importance de faire de l’égalité des sexes une réalité tangible. « L’égalité ne doit pas rester un simple slogan », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé les Hautes Orientations Royales, qui intègrent la protection des femmes au cœur du développement d’un État social moderne. Ces engagements s’accompagnent de réformes législatives continues, visant à moderniser les lois et à renforcer les mécanismes de prévention et de prise en charge.
Un contexte préoccupant mais porteur d’espoir
Malgré les progrès réalisés, les statistiques montrent que la violence envers les femmes reste un problème persistant au Maroc. Une enquête récente du ministère de la Solidarité révèle un taux national de prévalence de 54,4 %, tandis que plus de 16 000 affaires de violence ont été enregistrées en 2020. Ces chiffres, déjà alarmants, ont été exacerbés par la pandémie de COVID-19, avec une augmentation notable des violences psychologiques et économiques.
Cependant, des initiatives comme la Politique nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles à l’horizon 2030, adoptée en 2021, offrent des raisons d’espérer. Ce cadre stratégique repose sur quatre piliers essentiels : prévention, protection, prise en charge et poursuite judiciaire. Il met également l’accent sur la régionalisation, permettant une adaptation locale des mesures pour une efficacité accrue.
La 22e édition de la campagne nationale, clôturée récemment, a mobilisé plus de 152 000 participants à travers 1 557 activités de sensibilisation. Ces chiffres témoignent d’un engagement croissant de la société civile et des institutions, mais également des défis à relever, notamment face aux formes de violence émergentes comme la cyberviolence.
Des recommandations pour un impact durable
Les échanges lors de la rencontre ont permis de formuler des recommandations concrètes. Madame Amina Afroukhi a plaidé pour une approche multidimensionnelle, combinant initiatives culturelles pour déconstruire les stéréotypes genrés et mesures économiques visant à autonomiser les femmes. Monsieur Maâzouz, quant à lui, a mis en avant les efforts particuliers de la région de Casablanca-Settat, qui se distingue par des projets innovants en matière de sensibilisation et d’accompagnement des victimes.
Le rôle de l’UNFPA a également été souligné, notamment pour favoriser l’échange de bonnes pratiques entre le Maroc et d’autres pays. La campagne nationale s’est enrichie cette année d’une initiative du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) pour lutter contre la violence numérique, un phénomène en pleine expansion sur les réseaux sociaux.
Une vision pour un avenir sans violence
La rencontre de Bouskoura incarne une dynamique réformatrice, où les efforts institutionnels convergent vers une société sans violence. En intégrant les leçons des campagnes précédentes et en anticipant les défis futurs, le Maroc se positionne comme un acteur engagé dans la protection des droits des femmes. Les partenariats public-privé, le renforcement des centres d’accueil et l’élaboration de recommandations concrètes traduisent une volonté de rendre les dispositifs plus inclusifs et efficaces.
L’accent mis sur la régionalisation assure une réponse adaptée aux spécificités locales, particulièrement dans une région comme Casablanca-Settat, marquée par une forte urbanisation et des flux migratoires importants. Avec un horizon 2030 promettant une systématisation des services et une meilleure coordination entre les acteurs, cette initiative constitue un accélérateur vers un avenir plus équitable.
Au-delà des chiffres et des discours, l’objectif demeure clair : transformer chaque victime en actrice de son propre destin, dans un Maroc où l’égalité et la dignité sont des valeurs fondamentales. La lutte contre la violence à l’égard des femmes ne se limite pas à une campagne annuelle, mais s’inscrit dans une vision à long terme pour une société plus juste et inclusive.
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